1 2 3 4

You are here

Des dentifrices illégaux "made in China"

0 Commentaires

BLANCHIMENT: 


Plusieurs dentifrices vendus dans les « magasins à 1$ » n'ont pas l'aval de Santé Canada. Une visite dans une quinzaine de ces commerces de la région montréalaise a permis à La Presse d'identifier facilement plusieurs de ces produits, hier.


«Les consommateurs doivent vérifier si leur pâte à dents contient un numéro DIN ou NPN, avertit Paul Duchesne, relationniste à Santé Canada. Ces numéros de huit chiffres sont la preuve que nous avons préalablement évalué et approuvé le produit. Et vendre des articles sans ces numéros est illégal.»


Certains commerçants montréalais ne connaissent pas cette loi. Plusieurs d'entre eux mettent sur leurs étalages des dentifrices non approuvés par Santé Canada, tous fabriqués en Chine. Et les marques comme Maxam, Fluo-Extra, Healing Labs ou Colgate-Sanxio ne sont pas seulement en vente dans le Quartier chinois, mais également dans les arrondissements de Ville-Marie, du Plateau-Mont-Royal et d'Hochelaga-Maisonneuve, a constaté La Presse.


Cette découverte survient au moment où un tube de dentifrice contenant peut-être une substance toxique a été découvert dans un « magasin à 1$ » de Guelph, en Ontario. Ce poison, le diéthylèneglycol (DEG), est entre autres utilisé comme solvant et dans les antigels.


Le dentifrice en question? Une contrefaçon de la marque Colgate avait été également trouvée aux États-Unis ce mois-ci, ce qui avait suscité un avertissement de la Federal Drug Administration (FDA). Le poison a aussi été détecté dans une vingtaine d'autres marques, presque toutes fabriquées en Chine. Les autorités américaines ont d'ailleurs cessé l'importation de ces produits dentaires et recommandé aux citoyens de jeter tout dentifrice fabriqué en Chine.


C'est la première fois qu'un tube de dentifrice listé par la FDA est découvert au Canada. Et Santé Canada prend la chose au sérieuxet effectue actuellement une batterie de tests de laboratoire sur le produit suspect. «Nous allons vérifier si le poison est présent et nous déterminerons ensuite les actions à entreprendre», a déclaré hier le relationniste à Santé Canada, Paul Duchesne. Les résultats des tests sur le tube trouvé en Ontario devraient être rendus publics d'ici quelques jours.


Aucun cas d'empoisonnement au diéthylèneglycol n'a pour l'instant été recensé au Canada ou aux États-Unis, mais deux personnes souffrant de douleurs abdominales ont été hospitalisées après avoir utilisé un dentifrice empoisonné, selon un journal new-yorkais.


Aucun dentifrice identifié par les autorités américaines n'a été découvert par La Presse, hier. Mais Santé Canada appelle toutefois à la prudence. «Méfiez-vous des produits sans numéro DIN ou NPN», avertit M. Duchesne.


Les commerçants montréalais ne semblaient pas aussi préoccupés que l'organisme gouvernemental. «Je ne connais pas les règles, mais je sais que ce produit est très populaire», a répondu une vendeuse de chez Rossy, en scannant un tube de dentifrice à 25¢. «De toute façon, l'important n'est pas la marque de dentifrice, mais bien la soie dentaire», s'est contentée de répondre la caissière d'un autre magasin.