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Les dents : couleurs et dyschromie

BLANCHIMENT: 

La dent est composée de pulpe, de dentine et d'émail, avec des propriétés optiques très différentes ; sa couleur dépend de la structure et de l'épaisseur des tissus dont elle est constituée. Ces tissus se modifient au cours de la vie, ce qui retentit considérablement sur la couleur des dents. Tout changement, transformation ou altération d'un de ces tissus, mécanique, chimique ou biologique, entraîne un changement de couleur de la dent.

La couleur d'une dent peut être décrite par trois paramètres principaux :
• la couleur ou teinte par elle-même ; l'ensemble des fréquences des ondes lumineuses forme le spectre des teintes ; on nomme « teinte » la ou les fréquences engendrant la couleur ;
• la saturation se définit comme le degré d'intensité ou de concentration d'une couleur et son mélange, plus ou moins important, avec du blanc ;
• la luminosité : réflexion de la lumière qui détermine le caractère plus ou moins sombre d'une couleur. Le noir a une luminosité zéro et le blanc la luminosité maximale.

On peut ajouter d'autres propriétés optiques de la dent à ce système colorimétrique :

la translucidité liée à la structure de la dent à travers laquelle passe la lumière mais seulement de manière diffuse ;

l'opalescence : la dent peut présenter des couleurs variées en fonction de la position dans laquelle on la regarde ;

la fluorescence : lorsqu'une dent est exposée à un rayonnement ultraviolet, elle restitue l'énergie absorbée sous forme de lumière. Cette lumière est normalement dans une longueur d'onde plus longue que la lumière ultraviolette et se situe généralement dans le spectre visible. Cette lumière est appelée fluorescence.

Classification des dyschromies

La classification la plus fréquemment utilisée actuellement est celle qui distingue deux types de dyschromies : celles qui affectent la surface amélaire et qui sont causées par des agents externes, ce sont les dyschromies extrinsèques et celles intimement liées au complexe organominéral de la dent. Elles sont plus ou moins profondément incluses dans l'épaisseur de l'émail et de la dentine, ce sont les dyschromies intrinsèques. Il existe cependant d'autres classifications comme par exemple celle proposée par Goldberg qui différencie les anomalies génétiques, congénitales, acquises permanentes et acquises passagères. Nous nous référerons à la première classification.

Dyschromies extrinsèques

Ce sont des colorations superficielles d'origines diverses qui n'intéressent pas la structure chimique de l'organe dentaire. Elles sont principalement dues aux colorations des surfaces amélaires par la plaque dentaire colorée, le tartre, le tabac, le thé, certains médicaments (chlorhexidine...), les produits utilisés dans un environnement industriel et par d'autres substances colorantes rencontrées dans la vie courante, notamment dans l'alimentation : fruits, vins, sodas etc. Ces colorations disparaissent après un simple détartrage mais récidivent, à moins d'un changement d'habitudes.

Ces colorations dues aux agents externes sont habituellement classées en fonction de la couleur qu'elles entraînent : la plaque bactérienne du gris jaunâtre au jaune, le tartre de blanc à brun, voire noir, tanin alimentaire brun, tabac brun foncé, dépôt de sulfite ferrique d'origine bactérienne, noir, coloration orange d'origine bactérienne, colorations métalliques : grises, noires, vertes et jaunes, coloration antiseptique brune, le laquage ou habitude culturelle : vernis noir, la chique de Bétel : habitude tenace qui donne une coloration rouge-brun.

À cette classification basée sur la couleur, une autre classification basée sur le mécanisme chimique qui lie l'agent colorant à la surface amélaire et au biofilm a été proposée. Cette classification comprend trois types. Le type 1 où le colorant se lie à la surface de la dent tel que le thé, le café, le vin, les métaux, les colorants d'origine bactérienne ; le type 2 où la coloration se modifie de manière significative avec le temps après l'attache du colorant à la dent (il s'agit en fait de colorations de type 1 qui s'obscurcissent avec le temps) ; enfin le type 3 où des agents riches en hydrate de carbone se lient à la dent et subissent ensuite une réaction chimique qui engendre la coloration. On peut citer les aliments, les fluorures, la chlorhexidine. Ces colorations extrinsèques peuvent être à l'origine de colorations intrinsèques par le biais des fissures, fêlures...

EMC Odontologie
Éclaircissement dentaire

G. Aboudharam a, : Maître de conférences des Universités, praticien hospitalier, F. Fouque a : Attachée hospitalier, C. Pignoly a : Maître de conférences des Universités, praticien hospitalier, A. Claisse b : Maître de conférences des Universités, praticien hospitalier, A. Plazy a : Attachée hospitalier
a UFR odontologie Marseille, Université de la Méditerranée, 17-19, boulevard Mireille-Lauze, 13010 Marseille, France
b UFR odontologie Lille, Université de Lille 2, place de Verdun, 59000 Lille, France