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Bars à sourire : le Conseil de l'Ordre des Chirurgiens dentistes multiplie les mises en garde

BLANCHIMENT: 

Le Conseil national de l’Ordre a alerté la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et la Direction générale de la santé (DGS) sur les risques sanitaires que peuvent constituer les pratiques d’éclaircissements dentaires des « bars à sourire ».
Après avoir informé la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et la Direction générale de la santé (DGS), le Conseil national a saisi le cabinet du ministère de la Santé afin que soient examinées de plus près les pratiques des « bars à sourire ». En effet, dans un but de protection et de sécurité sanitaire des consommateurs tout autant que de lutte contre la concurrence déloyale de ces « commerces » de blanchiment dentaire, l’Ordre a jugé urgent de solliciter également le cabinet de la ministre de la Santé.

Les bars à sourire, rappelons-le, sont des instituts de beauté qui proposent aux consommateurs un blanchiment dentaire, réalisé dans un fauteuil bulle sous une lampe à photopolymériser pendant 20 minutes, après application sur les dents d’une gouttière remplie de gel contenant du peroxyde de carbamide.

Seulement voilà, le blanchiment des dents n’est pas un acte anodin. Il implique l’utilisation de techniques et de matériaux qui, mal maîtrisés ou approximativement dosés, peuvent produire des lésions irréversibles chez le patient. C’est à ce titre que le Conseil national a écrit, pendant l’été, à la DGCCRF pour lui demander expressément de contrôler plusieurs aspects pouvant mettre en péril la sécurité sanitaire des consommateurs.

Premier enjeu pour le Conseil national : il paraît essentiel de connaître la nature du gel utilisé contenu dans la gouttière mise dans la bouche du consommateur. En effet, les produits de blanchiment des dents font l’objet d’un encadrement réglementaire strict, qui distingue deux catégories:

•les produits cosmétiques ;
•les produits classés comme dispositifs médicaux.
Précisément, les produits d’hygiène buccale classés comme cosmétiques, ne peuvent contenir plus de 0,1 % de peroxyde d’hydrogène (1). Faute de quoi, ils sont considérés comme des dispositifs médicaux et ne peuvent alors être prescrits ou utilisés que par un chirurgien-dentiste. Dans ce cas précis, ces produits ne peuvent évidemment pas faire l’objet d’une vente libre et donc, en aucun cas, être utilisés directement par des instituts de beauté.

En effet, des études scientifiques ont montré que les produits de blanchiment contenant plus de 0,1 % de peroxyde d’hydrogène comportent des risques réels pour la santé publique et doivent être utilisés sous le contrôle vigilant d’un chirurgien-dentiste. Par son diagnostic, le praticien de l’art dentaire est seul compétent pour déterminer les conditions précises d’utilisation et effectuer le suivi des effets. Le chirurgien-dentiste pourra notamment effectuer une mise en état de la bouche préalablement à l’éclaircissement. C’est pourquoi, pour le Conseil national, il apparaît primordial de savoir quels produits utilisent ces boutiques.

Autre problème : ces commerces n’hésitent pas à promouvoir leurs activités de blanchiment au moyen d’encarts publicitaires dans la presse ou sur Internet. Mais l’Internet fonctionne ici comme une arme à double tranchant puisque, sur le site de l’un de ces bars à sourire, on obtient des informations pour le moins sensibles.

On peut ainsi lire que ce « procédé ne convient pas aux mineurs ou aux personnes qui ont dû prendre des médicaments tels que la tétracycline […] ». Une assertion qui confirme bien l’existence de risques réels pour le consommateur, d’une part, et, d’autre part, qu’un tel procédé d’éclaircissement des dents doit être utilisé sous le contrôle d’un professionnel de santé, lequel a, seul, compétence pour diagnostiquer les pathologies de la personne, et connaître les éventuelles contre-indications d’un tel procédé pour chaque cas déterminé. Sur le même site Internet, on peut lire qu’après application du gel, le consommateur doit s’exposer sous une lampe à rayons pendant une période de 20 minutes. Quid du dispositif de protection des yeux du consommateur ?

Le Conseil national considère qu’il convient également de vérifier la nature de ces rayons et si les mesures de protection contre les dangers de certains rayonnements sont appliquées dans ces bars à sourires. En effet, pour les organismes vivants, de tels rayons sont potentiellement nuisibles, voire mortels en cas de dose élevée.


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